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mercredi 11 avril 2018

Jean Flaubert Nono (Manager EFBC) : "C'est le mondial des jeunes au Cameroun"

 
Depuis ce mardi, 10 avril,  les infrastructures de l'école de football des Brasseries du Cameroun abritent la Easter cup 2018. Ce tournoi dont les enjeux sont trop importants pour l'avenir du football camerounais est organisé par l'EFBC. Dans un entretien à bâtons rompus, son manager Jean Flaubert Nono reprécise les objectifs de cette compétition.

Est-il important de rappeler l’importance de la création du tournoi Easter cup ?

Nous l’avons créé parce que nous avons jugé qu’il était important de mettre en place une nouvelle compétition qui oppose les jeunes. La Easter cup est notre dernier né. En 2013, nous avons créé le tournois Jeremi Njitap, mais la période de pâques étant opportune nous avons décidé de créer ce tournoi pou répondre à un besoin notamment permettre à notre promotion qui est sortante de défendre une dernière fois les couleurs de l’EFBC.

Ces jeunes comprennent-ils cette philosophie ?

C’est un tournoi qui leur tient à cœur, nous les réunissons à chaque fois et ils ont fini par comprendre que c’est la dernière étape d’une tranche de vie qui va s’achever après 6 ans de vie commune et après chacun doit prendre sa route. Ce qui leur restera ce sont ces beaux souvenirs dont ces tournois.

Êtes-vous satisfait aujourd’hui de l’engouement que ça suscite ?

On est très heureux de l’engouement au regard de l’attachement qu’ils ont pour ce tournoi car, pour eux c’est le mondial des jeunes au Cameroun. C’est une grande joie pour les équipes participantes et une grande déception pour les équipes qui ne participent pas.


Les objectifs visés sont ils atteints ?
 
L’objectif dans la tête des participants est atteint parce qu'ils aiment jouer et c’est le plus facile. Le plus difficile c’est les administrateurs qui ne comprennent pas beaucoup le rôle à jouer dans le développement du football jeune, mais avec la participation des médias, ça met une pression énorme sur ces dirigeants et il va falloir qu’ils s’y intéressent. L’engouement qu'il y a autour de cette compétition devrait les interpeller sur la situation du football jeune au Cameroun.

Que pensez vous aujourd’hui des sélections nationales jeunes ?

Les sélections nationales jeunes ne sont pas faites de manière objective car, il n’existe aucune compétition des jeunes sur l’étendue du territoire. C’est une pyramide. Vous devez jouer le championnat dans le département, et à partir de là, la DTN devrait mettre ses équipes pour la détection et avoir une sélection départementale, ce qui va après produire une sélection régionale. Et de là, on pourra dégager une ossature pour constituer une sélection nationale. C’est comme ça que ça se passe. A partir du moment où ce mécanisme n’est pas mis en place vous comprenez que les données sont faussées à la base. A défaut, on devrait s’appuyer sur ce qui est fait, et cela implique quelques tournois car, il n’y en a pas beaucoup au Cameroun, et parmi les tournois qui existent, il y a la Easter cup, le Challenge Gérémi Njitap, le tournoi de Limbe, mais on ne le fait pas et c’est là où le bât blesse.

Pourquoi avez-vous jugé scandaleux la sélection U15 qui a participé à la dernière CAN au Gabon ?

Je trouve que c’est un scandale car, on ne peut mettre en stage pendant un an des jeunes scolarisés et sans accompagnement scolaire. Certains ont qualifié cela de génocide intellectuel. Je ne peux pas interdire à un enfant de répondre à une sélection nationale, mais après il faut bien que ça se passe dans les règles de l’art. Le problème c’est qu’on met en avant le drapeau national en avant, oui le vert-rouge-jaune vous appelle et vous devez aller défendre son honneur et après ? Ce sont d’abord des enfants. La deuxième chose c’est qu’il y a toute une mafia qui s’organise autour de  ces sélections.

Vos joueurs ont-ils fait partie de la dernière expédition du Montaigu ?

Oui on a eu des jeunes au dernier tournoi Montaigu même si on savait déjà que les enfants allaient dans la galère, mais on a tenu à les laisser partir car ça fait plaisir à l’enfant d’y aller et ça n’a pas une incidence majeure sur ses études.

N’était-ce pas curieux de voir tous ces joueurs appartenir à Fecafoot FC ?

Vous en faites des tonnes mais je pense que c’est une erreur car ils l’ont fait à la va-vite et l’autre raison c’est que le Team Manager n’y était pas et comme il fallait le faire dans l’urgence, on s'est empressé. Je pense qu’il y a des choses sur quoi il faudrait beaucoup plus mettre un accent.

Avez-vous convié des recruteurs européens à cette édition de la Easter Cup ?  

C’est toujours une moyenne entre 6 à 10 personnes qui viennent d’Europe pour superviser les joueurs, mais la période où ça se bouscule le plus c’est en décembre. Limbé c’est le pic en général parce que c’est l’hiver là-bas et ils ont la latitude de venir et on a une quinzaine d’observateurs, c’est un véritable record. L’autre raison c’est que cette période de pâque est assez dense avec beaucoup de tournois organisés à travers le monde.

A quoi devrait-on s’attendre durant  cette semaine de compétition ?

Du 10 au 14 on va assister au beau football, on va voir des jeunes faire montre de leur talent, s’amuser, avant de penser au manager. Car avant d’y arriver il faut les aider à être dans de bonne conditions, et c’est comme ça qu’on essaie de les faire rêver à travers l’organisation de ce tournoi. Ils sont logés, transportés, nourris, vêtus. pendant une semaine ils vivent la vie des professionnels et c’est important pour ces jeunes footballeurs et ces souvenirs ils ne les oublient pas. 
 
Par Sylvain KWAMBI

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